Le numérique n’est pas un outil de communication
En cette période de doute et de disettes budgétaires, l’outil numérique s’impose souvent comme une solution confortable pour communicants en mal d’inspiration. Une bannière, un site ou un hashtag paraissent avantageusement compenser le manque de moyens ou d’imagination, et habiller la moindre idée d’un semblant de modernité. Ces réflexes louables passent hélas à côté du principal apport de l’Internet actuel : sa capacité à utiliser le pouvoir, la créativité et l’influence de la masse des internautes, et à démultiplier ainsi, grâce à eux, la puissance de n’importe quelle stratégie.

Pour s’en convaincre, il suffit de songer que 30 % du trafic Internet américain provient de Facebook, c’est-à-dire qu’un tiers des pages consultées par des Américains leur ont été recommandées par des proches. En revanche, seul 0,01 % des internautes déclarent avoir procédé à un achat après avoir consulté une publicité en ligne…

C’est dire le pouvoir de cette « multitude », comme l’ont baptisée Nicolas Colin et Henri Verdier dans un essai stimulant[1]. Une multitude bien sûr capricieuse, souvent imprévisible et volontiers volatile. Mais offrant à qui sait la mobiliser une main-d’œuvre gratuite et infinie, une capacité de communication et un talent sans égal.

« Les activités économiques les plus prospères, notent ainsi Colin et Verdier, ne sont pas celles qui disposent de la plus puissante force de frappe publicitaire, mais d’abord celles qui construisent une expérience utilisateur riche et stimulante, celles qui facilitent l’expérimentation ou qui donnent à leurs utilisateurs des choses à faire. »

Ajoutez à cela le fait que, comme disait l’autre, « la data, elle, ne ment pas »[2], et vous aurez toutes les raisons de cultiver un peu sérieusement les réseaux sociaux.

Si jamais on peut vous aider…


[1] L’âge de la multitude, Colin, Verdier, Armand Colin, 2012.

[2] Ensemble des données laissées par les internautes au cours de leur navigation. Cette data permet une évaluation imparable de n’importe quelle stratégie, en même temps qu’elle offre une source d’informations infinie sur les utilisateurs.
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5 juin 2014
Comment lutter contre l’abstention?

A mesure qu’approchent les échéances électorales du printemps, l’inquiétude sur l’abstention grandit. 


Comme à chaque élection, et plus encore sans doute du fait d’une crise qui s’aggrave et d’un gouvernement qui déçoit une partie de l’opinion, une baisse de la participation se profile, mauvaise nouvelle pour la démocratie. 

Pour tenter de contrer ce péril, chacun tente d’agir.
L’avancée la plus importante est sans conteste la loi récemment votée par le Parlement autorisant la reconnaissance du vote blanc. Grâce à elle, les déçus et les colériques pourront se manifester autrement que par l’extrémisme ou l’abstention. 

D’autres initiatives sont également conduites, en particulier par des collectivités soucieuses de mobiliser leurs administrés. Certaines jouent de l’humour et de la connivence, d’autres insistent sur le devoir du citoyen et l’importance du vote. 

A sa manière, créative et proche des gens, l’agence 4 août s’est elle aussi mobilisée pour cette cause : Depuis le 3 mars, le site a été lancé dont le dispositif ludique attire l’attention de chacun sur l’importance du vote. 

Nul ne peut prétendre avoir ici de solution unique. L’alchimie de l’élection relève de l’intime, des rêves et des réalités de chaque citoyen. Mais elle procède aussi d’une situation plus large, fruit d’une confiance, d’une écoute et d’un désir. 

Pour créer ce désir, nourrir cette écoute et entretenir cette confiance, quelques campagnes de dernière minute ne suffiront pas : il faut renouveler en profondeur le dialogue des élus et des citoyens. 

Et si la communication pouvait y contribuer ?

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MARS 2014
La communication, service public et non caprice local
Comme cela arrive régulièrement, la presse s'est inquiétée, cet été des "dépenses de com des collectivités". 1,5 milliard au total, 151 millions pour les régions, 214 millions pour les départements et 929 millions pour les villes : les chiffres qui ont été cités, issus d'un rapport de la Cour des comptes, ont effectivement de quoi effrayer...

Il est indiscutable que les finances des collectivités publiques se doivent d’être d’une rigueur exemplaire. Et il est incontestable que, dans une période de crise comme celle que nous vivons, elles doivent être recentrées sur leurs missions fondamentales. Au nom de ce principe de bon sens, il est tentant de faire de la communication un paradigme des dépenses inutiles qu'il serait urgent de couper.

Pour quiconque prend le temps de réfléchir à la nature de la crise française, les choses sont pourtant moins simples. Car les difficultés que traverse notre République, si elles sont financières, sont aussi démocratiques. Que l’on approuve ou non la complexité du « millefeuille administratif français », force est de constater que les lois successives de décentralisation, tout comme les nombreux transferts de compétence vers un niveau communautaire que les Français connaissent mal, donnent aujourd’hui aux citoyens le sentiment d’une grave confusion des responsabilités – autrement dit d’une dangereuse dilution de souveraineté.

Communautés de commune, d’agglomération, de territoire… mais aussi département, ville ou région : qui peut aujourd’hui prétendre savoir précisément à quoi servent nos institutions locales ? Et quel citoyen, dans ces conditions, peut espérer contrôler sérieusement l’action de ceux qu’il a élus pour les diriger ?

Les Français, d’ailleurs, ne s’y trompent pas. Comme l’a montré une récente étude1, deux tiers d’entre eux considèrent que la communication locale influe sur leurs habitudes et ils estiment majoritairement que la communication participe à l’attractivité des territoires.

Alors, s’il est facile de railler la volonté de se faire connaître et de faire connaître leurs actions qui animent ces institutions, il serait temps de comprendre les besoins légitimes auxquels elles répondent : permettre à chacun de s’approprier les enjeux de sa ville ou de sa région et rendre compte aux citoyens de l’utilisation qui est faite de leurs impôts et de l’exécution des engagements pris par leurs représentants. Il s’agit en cela d’un service public démocratique, qui dès lors mériterait d’être traité comme tel, et non comme une dangereuse dérive...


1 Baromètre Epiceum et harris-Interactive de la communication locale – 3ème édition (2013)
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Octobre 2013
“ IL FUT UN TEMPS OÙ LA GRANDEUR ÉTAIT UN IDÉAL… ”
L'Agence 4 août vient de déménager pour s'installer dans des locaux plus grands. Peut-on le dire ici ?

Il fut un temps où la grandeur était un idéal. Les succès se voulaient grands, comme les hôtels, les messes ou les hommes.
Un petit tour dans Paris suffit aujourd'hui à constater que les temps ont changé. De « petit zinc » en « little café », les bistrots rivalisent d'humilité, bien loin du Grand Véfour ou du Grand Colbert d'autrefois.
Les commerces eux aussi jouent du « petit » à tout-va, comme pour se démarquer des antiques grands magasins. Et les entreprises les plus prospères accumulent les références modestes, à la boutique ou à l'artisanat. Partout fleurissent des « ateliers », des « fabriques » ou des « merceries » vendant de la stratégie worldwide ou des applications ultramodernes…
C'est une mode, bien sûr, qui passera comme d'autres avant elle. Mais c'est une mode qui en dit long (ou court ?) sur les fantasmes d'une époque qui se méfie de l'ambition, de l'outrance et
de l'expansion.
Au risque d'être anachronique, l'Agence 4 août continue pourtant de nourrir, pour ses clients comme pour elle-même, quelques rêves avoués de grandeur…
Avec locaux en conséquence, donc.

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Juillet 2013
Réserve électorale : sortir du flou ?
A un an des élections municipales, les mairies redécouvrent les contraintes de la période dite de réserve, au cours de laquelle leurs initiatives de communication seront strictement encadrées.
Cette situation se justifie pleinement par l'impératif d'égalité entre les candidats. Elle n'en pose pas moins problème, en imposant tous les six ans une période de près d'un an d'abstinence et d'hésitation à la communication des Villes. Le problème est d'autant plus aigu que, face à une jurisprudence très lâche et pour le moins alambiquée, les responsables des collectivités sont incités à une prudence maximale, sinon excessive…
Or, en ces temps de crise, ce mutisme est préjudiciable à la démocratie. La communication est un impératif d'un débat éclairé. S'il faut donc limiter ses risques de dérive, il est nécessaire de maintenir les liens entre élus et citoyens.
Pour cela, il serait sans doute utile de sortir du flou actuel en posant des règles claires, fondées sur quelques principes simples, facilement compréhensibles par tous… et pourquoi pas invariables - période électorale ou non ! Croit-on vraiment en effet qu'une réélection se joue exclusivement au cours des six derniers mois ?
Le débat est donc ouvert. Espérons qu'il permettra de faire évoluer les choses…

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Mai 2013

Agence 4 août
113, boulevard de Sébastopol
75002 Paris
tél. 01 77 35 77 74
fax 01 77 37 41 67
bonjour@4aout.fr
    

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