Une rentrée digitale à coût marginal zéro ?

L’avènement de l’économie collaborative devait, selon certains, assurer de manière infaillible la fin du capitalisme. Le partage devenait donc la norme et non plus la possession, l’usage venait lui supplanter la propriété privée, les services, les biens et tout le monde œuvrerait, dès lors, pour le bien-être de tous… Évident ? 

Au moins, la gratuité de ce monde semble assez évidente. Nous ne payons pas pour utiliser Google, Facebook, Snapchat, Instagram ou Pinterest, si ce n’est pour notre abonnement Internet ou mobile. Mais cette gratuité apparente n’est pas sans contrepartie, comme tout le monde le sait, ou presque. Nous acceptons ici de payer ces usages au prix de notre anonymat, bien qu’en tant que personne nous intéressons peu les GAFA, NATU et autres géants du Net. En tout cas bien moins que nos comportements, nos usages, nos recherches… Soit tout ce qui peut être monétisé pour mieux nous connaître, et donc mieux nous cibler. On laisse une trace et c’est cette trace qui a de la valeur, un peu comme le voyage vient supplanter la destination. 

Mais cette économie « biface », comme le soulignait le prix Nobel Jean Tirole, n’est pas sans coût pour les entreprises, et donc in extenso pour les annonceurs. Ironie, ici, de la situation, où nous devons finalement payer pour exploiter nos données que nous avons fournies gratuitement (plus exactement en contrepartie) et avec consentement à nos réseaux sociaux et moteurs de recherche préférés. Le coût marginal de la communication digitale pour toucher ses cibles tendra-t-il donc vers 0 ? Il semblerait bien que non, car le partage des idées et des messages que nous permettent aujourd’hui Facebook ou Google va de pair avec la monétisation de leur audience auprès des annonceurs, et donc de la bonne santé de leur modèle économique. 

Et demain ? À l’échelle de la révolution numérique, le monde des idées vient se voir, depuis peu, complété par le monde des objets connectés. Deviendrons-nous des entités (dans l’hypothèse où le transhumanisme ne serait pas un humanisme) reliées à nos nouveaux environnements technologiques, comme un smartphone à son réseau ? Quel sera l’avenir des ads dans cet écosystème ultra-natif ? Comment se pensera la communication digitale de demain ? Beaucoup de questions passionnantes mais qui, à coup sûr, ne marqueront pas le début du conte de fées high-tech et économique prédit par l’essayiste américain Jeremy Rifkin. Et si d’ici là vous souhaitez penser et optimiser vos stratégies digitales à un coût marginal raisonnable (zéro ne serait pas win win !), vous savez où nous trouver !

Putain 15 ans...

On a longuement débattu à l’agence de la teneur de cet édito. En plein entre-deux-tours devait-on parler politique ? Ou s’abstenir ? Tenter une pirouette pour analyser cette étrange période sous un angle un tant soit peu « communicant » ? On a réussi à ne pas trop s’engueuler et on s’est mis d’accord sur un angle : 2002-2017. Au fond, qu’est-ce qui a changé ? Sommes-nous si différents de ceux que nous étions il y a 15 ans ? Alors on s’est souvenu de nos réactions au soir du 21 avril. L’immense surprise (pas encore twitter à l’époque), le choc. La colère. Les manifs. Le 1er mai. La mobilisation au second tour, sans une once d’hésitation. Le sentiment d’avoir échappé au pire. Le « plus jamais ça ». 15 ans plus tard. 24 avril 2017 au matin. On se sent un peu navré. Mais pas surpris. Encore moins sous le choc. On déconne un peu à la machine à café… Comme des cons, on a même parié sur les résultats du 1er tour et on compare nos scores… Pour rigoler quoi. « Non mais vous êtes sérieux là ?! » nous crieraient sans doute ceux que nous étions il y a 15 ans. Le temps a fait son œuvre. Lentement. Insidieusement. Pernicieusement. Nous avons sombré sans nous en apercevoir. Ni comprendre pourquoi. Nos idéaux, nos valeurs n’ont pourtant pas bougé d’un iota. Ils sont même plus forts que jamais. On s’est juste laissé endormir. On a roupillé tranquillement. Et on se dit qu’il est vraiment grand temps qu’on se réveille. Putain 15 ans…


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MAI 2017
L'apprentissage permanent

Dans les agences, les studios graphiques, la saison a démarré. On ne vous parle pas de l’automne mais de cette période de l’année, entre septembre et novembre, où les plus de 35 ans prennent subitement un gros coup de vieux avec l’arrivée de nouveaux venus, pas encore sortis de l’école. La découverte de leur année de naissance nous fait d’ailleurs tousser un peu plus chaque année. Pour beaucoup de ces stagiaires et apprentis, ce premier contact avec le monde de l’entreprise comporte son lot de découvertes, parfois cocasses. On pense à Kevin*, qui tutoie d’emblée un directeur de cabinet et se marre en recevant des sms en réunion… Ou Chloé*, l’apprentie qui arrive à sa première réunion d’équipe, un lundi matin, avec 40 minutes de retard, sourire aux lèvres, valises sous les yeux et Starbucks à la main. Sans parler d’Hugo* qui, après deux semaines de stage, vous annonce qu’il s’en va parce que, tout compte fait, « la com’ l’ennuie ». Il y a heureusement tous les Ghislain, Céline, Sébastien, Joana, Fanny qui, à tout juste 22 ans, vous bluffent avec leurs bons réflexes et leurs interventions percutantes en réunion client. 


 Une chose est sûre : la nouvelle génération bouscule. Elle va vite et ne s’embarrasse pas des codes de nos entreprises (qui en ont pourtant peu). Elle veut comprendre tout de suite et apprendre tout le temps. Elle a son propre rythme, qui s’accélère année après année. Mais surtout, elle nous permet d’entrevoir l’avenir de nos boîtes, l’évolution de nos méthodes de travail et du rapport à la hiérarchie. Forcément, ça nous décoiffe un peu, nous les plus de 35 ans… Mais c’est très bien comme ça. 

 *Evidemment, les prénoms ont été modifiés…

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Octobre 2016
La règle et la morale

La tuerie d’Orlando nous rappelle des heures sombres. La même horreur, les mêmes images, la même incompréhension que le 13 novembre dernier. L’Amérique est sous le choc comme nous l’avons été. Les messages de soutien, les témoignages de solidarité sont nombreux.
Mais il est difficile, pourtant, de ne pas faire le rapprochement avec l’onde de choc provoquée par les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis. Difficile de ne pas remarquer la différence de traitement médiatique. De ne pas se dire que la terrible règle journalistique du « mort-kilomètre » prend ici tout son sens : plus un drame est éloigné de nous, moins il nous touche ; plus les victimes nous ressemblent et nous sont proches, plus l’émotion est grande.
Dans le cas présent, Orlando n’est pas une ville iconique. Qui saurait, d’ailleurs, la placer sur une carte ? Elle n’est ni New York ni Paris. Si l’on y ajoute qu’une discothèque gay n’est pas un lieu festif comme les autres, à l’inverse du Bataclan, on comprend mieux pourquoi l’onde de choc, au moins en France, est sensiblement moindre. Cela pourrait aussi expliquer, en partie, la frilosité des médias, leur prudence à évoquer la communauté LGBT, qui était pourtant la cible de ce massacre. En France, aucun grand titre national n’a ainsi osé mentionner cette information capitale dans sa « une », ce lundi 13 juin. Titrer sur un massacre au sein de la communauté homosexuelle aurait-il affaibli l’information ? La une aura-t-elle moins bien fonctionné ? Le lecteur se serait-il senti moins impliqué, moins touché ? Rien n’est moins sûr. Peut-être est-il temps d’inventer une nouvelle règle journalistique. Elle donnerait d’abord la même importance à un drame, qu’il ait lieu à Bamako, Paris, Séoul ou Buenos Aires. Elle consisterait ensuite à délivrer une information précise et, surtout, qui n’aurait pas peur des mots… Sur ces points, il y a encore de sérieux progrès à faire.

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JUIN 2016
Présidentielle : le vainqueur sera…

Depuis 1965 et la première élection présidentielle au suffrage universel direct, l’histoire de la communication publique - et peut-être plus largement de la communication - a été marquée par ces grands rendez-vous qui scandent notre vie collective.
En 1965, la nouveauté s’appelait Jean Lecanuet (eh oui !) et sa campagne « à l’américaine ». En 1974, ce fut Giscard (eh oui !) et sa communication intime, en 1981 Mitterrand et la construction d’une première vraie marque politique, en 2007 la démocratie participative de Ségolène Royal. Il y eut d’autres moments forts, comme les coups de génie de Mitterrand et Séguéla en 1988, ou le verbe inédit de Sarkozy en 2007. Il y eut aussi quelques ratages : la campagne intempestive de Jospin 2002 ou les caricatures du Chirac version reaganienne de 1988…
Comme les précédentes, la campagne qui s’ouvre en ce moment posera les bases d’un renouveau, donnera le « la » d’une nouvelle phase de la communication politique.
Il est bien entendu trop tôt pour prédire ce que seront ce renouveau et cette nouvelle phase, mais la simple observation de ce qui se fait ailleurs, et notamment aux États-Unis, nous pousse à miser ici sur une tendance très intéressante : l’exploitation de la data. Autrement dit : la capacité de parler à chacun et non à tous, de nouer un dialogue adapté avec les électeurs, de porter un discours plus direct, non seulement par son média, mais aussi par son propos…
Le phénomène, encore naissant ici quoique déjà utilisé avec succès par Barack Obama, semble la vraie promesse de l’Internet et des réseaux sociaux. Au-delà d’une révolution de la communication, il annonce une mutation du discours politique, qui finira peut-être par abandonner un certain universalisme républicain pour répondre à la diversité de la société.
Alors, même s’il est trop tôt pour parier, nous vous donnons rendez-vous dans un an et quelques semaines, pour voir si les communicants français auront su exploiter cette nouvelle mine d’or…

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Mars 2016
Être Parisiens

Cesser de trembler. Ressortir dans les rues de Paris. S’asseoir de nouveau en terrasse. Discuter avec son voisin. Etre captivé par la télé en boucle. Parler, parler, parler. Lire, lire, lire. Essayer de comprendre. Voir les capitales du monde teintées de bleu-blanc-rouge. Entendre la Marseillaise résonner sur toute la Terre. Comprendre que le monde aime la France. Refuser de céder aux menaces. Essayer d'exister comme avant. Vouloir exister mieux qu'avant. Retrouver le chemin du bureau. Revoir les collègues, les amis. Vérifier qu’on est encore là. Partager ses craintes. Formuler ses espoirs. Croire en nous plus que jamais. Se remettre difficilement au travail. Relire la liste des victimes. Penser à ces vies brisées, à ces cinquante enfants désormais orphelins. Ecouter les messages d'amour des familles. Se dire qu’ils ne nous auront pas. Aller à une réunion. S’empêcher d’avoir peur. En parler encore un peu. Faire un brief. Y penser toujours, forcément. Ecouter les hommages. Vouloir être plus forts et plus libres. Répondre à un appel d’offres. Lire encore, pour tenter encore de comprendre. Chérir plus que jamais notre impertinence. Se demander si c’était bien réel. Se faire violence pour rédiger une newsletter qui parle d’autre chose…

Vivre.

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Décembre 2015
La République sera renouvelée…

Le 1er janvier 2016, la République sera renouvelée. Elle le sera dans son organisation locale, au plus proche des citoyens.
Les lois NOTRE et MAPTAM entraîneront en effet une refonte profonde des structures territoriales. Une refonte comme on n’en voit que très rarement. Une refonte qui changera en profondeur la répartition des pouvoirs et des responsabilités, l’efficacité de l’action publique et son rapport avec les citoyens. 


Or, malgré son imminence, cette réforme d’une ampleur inédite reste à ce jour méconnue. La multiplicité des réformes simultanées, les débats qui les ont précédées, leur complexité qui depuis longtemps entoure la répartition des compétences locales y jouent pour beaucoup. 

Mais cette réforme offre précisément une occasion unique de clarifier les choses et de rapprocher les Français de ces institutions d’avenir que sont les agglomérations.
Plus que jamais, c’est à la communication qu’il appartient de recréer ce lien vivant, simple et constructif entre les citoyens et ces incarnations locales de la République. Elle seule permettra de donner rapidement une identité définie aux nouvelles entités, de les faire vivre auprès de leurs administrés et d’incarner ainsi, concrètement et simplement, cette nouvelle organisation…

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Août 2015
7 janvier – 8 mars, même combat

Les 7, 8 et 9 janvier, la France entière était victime d’attaques terroristes qui ne ciblaient pas seulement un journal, un métier ou une communauté, mais bien ses principes : la liberté, l’égalité et la fraternité. 


Les réactions qui ont suivi ont témoigné de la force de ces principes. Restait à les incarner. 

Le 8 mars, à ce titre est une date importante. L’égalité entre les hommes et les femmes, avec ses nombreux corollaires : l’accès des femmes à l’éducation, leur autonomie politique et économique, leur liberté à maîtriser leur corps, leur sexualité et leur fécondité, sont autant de valeurs démocratiques qui font horreur aux terroristes. 

A chaque fois que les droits des femmes sont attaqués, c’est la démocratie qui est menacée. 

C’est pourquoi il était important, cette année encore plus que les autres, de donner toute son importance à la Journée internationale des femmes. 

Grâce à la Ville de Ris-Orangis, l’agence 4 août est fière d’y avoir contribué, par des créations que nous vous invitons à découvrir ici.

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13 mars 2015
Vœux : cartes à la crème et galères des rois

Pour ceux qui ont fait l’expérience du mois de décembre dans un
service de communication, la période des fêtes et des vœux
résonne souvent de manière douloureuse, réminiscence de longues heures à
imaginer une proposition de carte qui ne soit ni trop banale, ni trop décalée,
de journées à chercher la phrase qui saura faire sourire tout en demeurant
consensuelle, de semaines à pister l’idée qui pourra en dire beaucoup sur son
émetteur sans trahir la contrainte de l'exercice.


Et l’on n’évoque même pas les listings à refaire, les petits
mots manuscrits et les envois à expédier, lorsqu’en janvier le retard
s’accumule dangereusement, à l’heure des galettes des rois, la carte de vœux
devenant alors une sorte de 
running joke pleine de mauvaise conscience
- on parlerait, en bon français, de « carte à la crème »…


Au moment où s’ouvre cette fin d’année pas encore tout à fait
festive, l’équipe de 4 août tient donc à assurer de sa pleine solidarité tous
ceux qui entrent à reculons dans cette période chargée… et à leur proposer,
s’ils le souhaitent, l’aide de professionnels, toujours joyeux, toujours
partants et toujours talentueux !


Bonne fin d’année ! 

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2014
La « com » municipale et l’alternance


Près de six mois après les élections et leur lot d’alternances, la plupart des nouvelles équipes municipales sont aujourd’hui en ordre de marche, prêtes à appliquer le programme pour lequel elles ont été élues.

Quoique figurant rarement au rang des propositions de campagne, la réforme de la communication est généralement parmi les premières mesures mises en œuvre, car il lui revient d’incarner concrètement et rapidement le changement.

La communication ayant pour fonction d’enrichir l’action de sens politique, cette réforme est le plus souvent bienvenue. Il s’agit en effet tout à la fois de tourner une page et d’expliquer l’avenir, deux aspirations légitimes, quelle que soit la situation politique d’une collectivité.

Malgré cette importance, ou à cause de cette importance, il est toutefois préférable de procéder ici avec beaucoup d’habileté et de prudence. Car si les électeurs appellent souvent le changement, ils n’en demeurent pas moins relativement conservateurs, et sont surtout méfiants, on l’a souvent répété ici, à l’égard d’une communication qu’ils jugent volontiers coûteuse et inutile - même si c’est à tort.

Face à ce constat, le mieux est généralement de se concentrer dans un premier temps sur ce qui est strictement nécessaire, c’est-à-dire sur ce qui donne du sens. Les évolutions strictement cosmétiques pourront attendre des jours plus calmes, plus prospères ou plus apaisés…

Cela ne signifie nullement qu’aucune communication d’envergure ne soit possible, au contraire. Cela implique seulement d’imaginer des solutions plus subtiles et moins tapageuses, plus ciblées et moins lourdes – en un mot plus habiles.

En cette période de tensions budgétaires, gageons en outre que cette prudence stratégique contribuera à convaincre les politiques de la pertinence d’une communication cohérente, maîtrisée mais ambitieuse…



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21/08/2014

Agence 4 août
113, boulevard de Sébastopol
75002 Paris
tél. 01 77 35 77 74
fax 01 77 37 41 67
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